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lundi 2 mai 2011

Avec ou sans coach, là est la question !..

Le Masters 1000 de Madrid a débuté depuis hier. On avait l'habitude de suivre celui de Rome à cette période mais cette année, les rôles ont été inversés (une volonté espagnole d'éviter à Nadal de perdre juste avant Roland Garros, sachant que la surface de Madrid est celle qui l'avantage le moins ? Gageons qu'il n'a pas besoin de ce genre de coup de pouce et penser sérieusement à cette option ferait de moi une vraiment très très très mauvaise langue...Je profite du fait que personne ou presque ne me lit pour tirer sur la corde "polémique"...).

Bref, autant le précédent Masters 1000 de Monte Carlo (le seul à ne pas être obligatoire pour les meilleurs joueurs) était globalement ennuyeux car déserté par beaucoup de monde (Djokovic, Del Potro, Soderling, Nalbandian et dans une moindre mesure, Roddick, Fish entre autres pour diverses raisons), autant cette semaine, tout le monde ou presque est là et ça promet de glisser, lifter et moonballer ferme.
Coup de projecteur sur ce qui s'est passé depuis hier. C'est un tournoi mixte et donc dense alors il ne faudra pas m'en vouloir si je passe sous silence les victoires de certain(e)s joueur(se)s.

D'abord, pourquoi ce titre ? Regardez un peu dans la direction des mouvementés du coaching. Quatre jolis specimens : Jo-Wilfried Tsonga, Aravane Rezaï, Stanislas Wawrinka, Robin Soderling.

Jo-Wilfried Tsonga bat Nicolas Almagro 6-1 6-3 (nan, nan...je déconne pas)
Jo s'est séparé de son coach historique, Eric Winogradsky, il y a quelques semaines. Depuis, il a décidé de ne plus s'encombrer de conseils d'un tier et de plans de jeu. Il applique désormais SON plan de jeu : ça passe ou ça casse mais en tous cas, ça passera par le filet et l'attaque. Naufragé ces derniers temps, se ramassant régulièrement lors des débuts de tournoi, Jo semble aller mieux. La preuve, Almagro, tout récent nouveau pensionnaire du top 10 a été balayé en un peu plus d'une heure de jeu.

Sofia Arvidsson bat Aravane Rezaï 6-3 3-6 6-4
Suite aux déboires de son coach de père avec les instances de la WTA, Aravane a été contrainte de jouer sans entraineur pendant quelques semaines. Le moral et le niveau de jeu en berne, elle a dernièrement opté pour une collaboration avec Alexia Dechaume-Balleret. Venue à Madrid avec un titre à défendre, Aravane n'a pas pu franchir le premier tour face à Arvidsson, pourtant balayée aujourd'hui par Victoria Azarenka. Pas franchement le genre d'adversaire qui aurait embêté la française il y a un an...La jeune femme et sa coach se montrent néanmoins rassurantes : les choses se mettent doucement en place, Aravane ira mieux. Ceci dit, elle pourrait difficilement aller plus mal...

Guillermo Garcia-Lopez bat Stanislas Wawrinka 6-4 5-7 6-4
Connaissez-vous "l'effet coaching" ? Cest typiquement ce que Stanislas a ressenti ces derniers mois. L'embauche en juillet dernier de Peter Lundgren (artisan de la machine Federer de 1999 à 2003) n'a pas tardé à porter ses fruits. En 2010, Stan atteint les quarts de finale de l'US Open en battant un bon Andy Murray. Ensuite, à Shanghaï, c'est Rafael Nadal qui l'arrête puis Roger Federer à Stockholm. Enfin, c'est le futur vainqueur du tournoi, Robin Soderling, qui lui barre la route à Paris-Bercy. En 2011, il passe la vitesse supérieure en remportant le tournoi de Chennaï puis il enchaîne avec des résultats réguliers et plus qu'honorables (quarts de finale à l'Open d'Australie, à Acapulco et à Indian Wells, demi-finale à Buenos Aires). Mais "l'effet coaching" est souvent une sorte de placebo. L'adrénaline semble être subitement redescendue et cela fait le troisième tournoi de suite (après Miami et Munich) que Wawrinka quitte avant le 3ème tour. On espère qu'il saura rebondir.

Quant à notre quatrième larron, Robin Soderling, il va falloir attendre son premier tour pour réellement juger de son niveau. Ayant congédié Magnus Norman l'année dernière, il vient de se défaire de Claudio Postolesi. Plus que banal ces dernières semaines (il a fait, au mieux, un quart de finale la semaine dernière à Estoril, calant systématiquement avant les 1/8èmes depuis le mois de février), on se demande si sans coach il ira mieux. Il va pourtant falloir qu'il se ressaisisse s'il ne veut pas chuter au classement ; à l'horizon pour lui : une nouvelle finale à défendre à Roland Garros.

Pêle-mêle, quelques résultats de dimanche et de lundi :

Les confirmations :

Caroline Wozniacki bat Ayumi Morita 6-2 6-3
Marion Bartoli bat Simona Halep 6-4 6-1
Jelena Jankovic bat Laura Pous-Tio 6-2 6-0
Francesca Schiavone bet Shuai Peng 7-5 7-6
Maria Sharapova bat Arantxa Rus 2-6 6-3 6-2 puis Ekaterina Makarova 6-3 3-6 6-1
Marin Cilic bat Potito Starace 7-6 6-4
Gaël Monfils bat Ivo Karlovic 6-3 7-6
Na Li bat Maria Jose Martinez Sanchez 6-4 7-6
Victoria Azarenka bat Sofia Arvidsson 6-1 6-1

Les surprises :

Michaël Llodra bat Sam Querrey 6-2 6-3
Adrian Mannarino bat Juan Ignacio Chela 4-6 6-4 6-4
Thiemo de Bakker bat Juan Carlos Ferrero 2-6 7-5 6-4
Arantxa Parra Santonja bat Flavia Pennetta 6-3 7-5 puis Andrea Petkovic 6-2 7-6
Santiago Giraldo bat Alexandr Dolgopolov 6-1 7-5
Bethanie Mattek-Sands bat Ana Ivanovic 0-6 6-4 6-4
Vania King bat Nadia Petrova 6-1 7-6

Le programme de demain :

Court Manolo Santana
A partir de 12h : Daniela Hantuchova contre Samantha Stosur
Suivi de : Caroline Wozniacki contre Bojana Jovanovski
Pas avant 16h : Yen Hsun Lu contre Fernando Verdasco
Pas avant 19h : David Ferrer contre Adrian Mannarino
Suivi de : Sara Errani contre Francesca Schiavone

Court Arantxa Sanchez Vicario
A partir de 14h : Juan Martin Del Potro contre Mikhail Youzhny
Suivi de : Milos Raonic contre Feliciano Lopez
Suivi de : Guillermo Garcia-Lopez contre Thiemo de Bakker
Suivi de : Juan Monaco contre Gaël Monfils

Court n°3
A partir de 14h : Jo-Wilfried Tsonga contre Pere Riba
Pas avant 15h30 : Agnieszka Radwanska contre Jarmila Gajdosova
Pas avant 17h : Marion Bartoli contre Anastasia Pavlyuchenkova

Court n°4
A partir de 11h : Bethanie Mattek-Sands contre Vania King
Suivi de : Petra Kvitova contre Chanelle Scheepers
Suivi de : Marcel Granollers contre Nikolay Davydenko

Court n°5
A partir de 11h : Viktor Troicki contre Florian Mayer
Suivi de : Ivan Ljubicic contre Gilles Simon
Suivi de : Sergiy Stakhovsky contre John Isner

Court n°6
A partir de 11h : Kevin Anderson contre Olivier Rochus
Pas avant 14h : Thomaz Bellucci contre Pablo Andujar

Crédit image : www.gettyimages.fr

dimanche 19 juillet 2009

Mieux vaut tard que jamais !

Robin Soderling s'est imposé chez lui à Bastad face à Juan Monaco tandis que Jérémy Chardy a décroché son premier titre à Stuttgart aux dépens de Victor Hanescu et moi, je me suis enfin décidée à vous faire le résumé de la finale de Roland Garros !
Mieux vaut tard que jamais, n'est-ce pas ?

J'aurais voulu vous résumer les matches du premier tour mais à part vous dire qu'il faisait une chaleur asphyxiante et que lors du match de Gilles Simon contre Wayne Odesnik j'ai eu envie de claquer tous les spectateurs qui hurlaient comme des babouins sur chaque faute de l'Américain je n'ai pas grand chose à vous dire. En gros, être assise sur le court Philippe Chatrier, c'est génial ! Même tout en haut, on voit très bien les joueurs et leurs coups, l'ambiance est sympathique, le temps passe très vite même si la balle semble aller moins vite qu'à la télévision. Donc, allez-y !!
J'ai aussi vu les premiers matches de Roger Federer et Rafael Nadal. Ambiance de folie pour les deux chouchous : des drapeaux suisses à gogo et des adolescentes maquillées et habillées de rouge et de jaune, les plus bruyantes à coup sûr !

Mais ce qui nous intéresse, c'est ce fameux dimanche 7 juin 2009 qui a fait de Roger Federer l'égal de Pete Sampras en terme de titres du Grand Chelem, son supérieur en terme de diversité.
N'ayant pas obtenu de billet pour la finale (il y en avait au marché noir mais franchement, il faut être embarrassé par trop d'argent ou inconscient pour payer une fortune à un mec bizarre qui agite une pancarte "I need tickets" pour vous faire comprendre qu'en réalité, il en vend...), j'ai opté pour le billet "courts annexes". Il donne accès à l'enceinte de Roland, les finales des tournois junior masculin et féminin et du tournoi des Légendes et surtout au court n°1 et son écran géant, placé à quelques mètres du Chatrier. J'y reviendrai.

Donc, ce dimanche-là, j'ai réussi à convaincre Zato de ne pas m'abandonner à mon sort de spectatrice esseulée et de m'accompagner. Métro, navette gratuite, 400 mètres de marche pour me rendre à l'accès "billets électroniques" (qu'est-ce que ça m'a saoulée cette histoire de billets électroniques ! Deux heures de queue les premiers jours et un guichet placé à Perpète-les-Oies...Seul point négatif du complexe à mon sens) et on arrive enfin à entrer. Pas la peine d'essayer d'assister à la finale du tournoi des Légendes (+ de 45 ans). Big Mac jouait sur le court n°2 avec Anders Jarryd contre la paire Leconte/Bahrami et la file d'attente pour ne serait-ce qu'apercevoir un bout de raquette est tout bonnement monstrueuse ! Alors, direction le court Suzanne Lenglen et les finales du tournoi Junior.

Ca tombe bien, même si l'ambiance n'est pas comparable à celle qu'on trouve lors d'un match des cadors de l'ATP, il y a un Français en finale : Gianni Mina. C'est Gaël Monfils en plus jeune : même tête, même voix, même fringues, même style de jeu. On n'est pas dépaysé. En face, il y a un Suédois, Daniel Berta. La balle ne va franchement pas vite et le stress aidant, il y a des fautes directes à la pelle. Les engagements des deux protagonistes sont très fébriles et les prises de risques hallucinantes. Mais on ne s'ennuie pas parce que même un tournoi junior est bon à prendre, qu'il fait beau, qu'il y a une bonne ambiance et surtout qu'avec Zato, on a la blague facile. Bon, ok, j'avoue, on est de vraies langues de vipères et on aime bien se moquer du mec qui a une casquette et qui dodeline de la tête sur les chants des supporters, chants qui nous prennent la tête tellement ils sont pourris et beuglés par des gamins en pleine mue. Bref, Gianni perd mais nous on se marre bien.

Plus que deux heures avant LA finale. On ne stresse pas encore et la finale du simple filles va nous occuper jusque là. Encore une Française, Kristina Mladenovic ("Kiki" pour ses proches qui ont hurlé du premier au dernier point) est opposée à Daria Gavrilova, une Russe, qui se gamellera suite à une volée plutôt étrange et finira le match la cuisse bandée et proche de l'hystérie. La balle va presque plus vite que chez les garçons, il y a plus de double fautes mais Mladenovic rentre littéralement dans le lard de la Russe et ma foi, on ne s'ennuie pas. Une victoire française pour finir. Les plateaux sont posés sur une petite table depuis des lustres et la seule chose à laquelle je pense c'est "Mais elles vont se cramer !". Oui, oui, à ce moment-là, je commence à me dire que si Roger perd, je meure alors je deviens débile.

Il doit être 14h30 alors on évolue dans l'espace et on essaie de comprendre "comment que ça marche" pour le court n°1. Y a du ruban rouge et blanc de partout comme si on n'avait pas le droit d'entrer. On s'en fout, on enjambe et là, on se rend compte qu'il y a du foutage de gueule quand même parce que une bonne centaine de personnes est déjà installée face à l'écran.
Il y a du vent, beaucoup de vent.
Très vite, le match commence et on se rend compte que Federer n'a pas l'intention de rater le coche. Il marche sur Soderling alors le trouillomètre ne risque pas d'exploser mais on se les pèle franchement alors je me transforme en bibendum grâce à quatre couches de vêtements. Zato se les pèle aussi parce qu'il s'est dit en quittant chez lui qu'un pantalon et un pauvre pull à capuche suffiraient alors il squatte mon écharpe. On ressemble à des terroristes grelotants et ça va de pire en pire parce qu'il se met à flotter et que Zato est en stress permanent. Je crois que c'est lors du deuxième set qu'il commence à perdre la tête quand il me dit que c'est mieux de suivre le match debouts, appuyés à la rembarde. Ok. Il y a encore plus de vent là-haut, la pluie ne cesse pas, je me demande ce qu'ils attendent pour arrêter le match et finalement, la délivrance. Roger gagne enfin Roland Garros et s'écroule au sol. On se met à sauter dans tous les sens comme des crétins et la Suissesse qui nous regardait depuis deux heures, accrochée à son drapeau suisse, se met à chialer. J'ai cru qu'elle allait mourir !


On n'a pas compris grand chose à ce que Roger racontait lors de la remise des trophées. Au début, on se dit que c'est l'émotion qui est trop forte et que c'est pas grave, mais quand tout d'un coup il retrouve un accent suisse-allemand qu'il avait su gommer depuis longtemps, on est heureux alors on se bidonne. Et là, la Suissesse, elle pleure plus, elle rigole plus, elle nous fusille du regard et elle me fait franchement baliser !

Donc voilà, je crois que je peux dire que ce dimanche 7 juin fait désormais partie des plus beaux souvenirs de ma vie. Les ramasseurs de balles nous ont bien saoulés à gueuler des chants de ramasseurs lors des moments les plus critiques de la finale, j'ai eu vraiment très froid et Zato n'avait franchement rien de sexy avec ses problèmes d'écoulement nasal* mais je donnerais n'importe quoi pour revivre ce jour encore et encore...

*j'avais promis d'en parler, désolée à tous pour l'image :)

samedi 6 juin 2009

Plus qu'une marche avant l'Histoire !

Ce vendredi, on a assisté à deux énormes demi-finales.
Je ne vais pas entrer dans les détails. Ce serait trop incomplet par rapport à tout ce qu'on a pris dans les mirettes !

Robin Soderling a dominé Fernando Gonzalez lors des deux premiers sets et de la première moitié du troisième avant de retomber dans ses travers, pas aidé, il faut le dire, par un Gonzalez qui a dû se dire "Mais merde ! Je ne peux pas passer à côté de ce match !" et qui a haussé son niveau de jeu.
Le quatrième set sera tout à la faveur du Chilien. Même topo lors du début du cinquième et ultime set avant que le Suédois, d'habitude si fragile, ne fasse preuve d'un mental hors norme et remonte son handicap pour coiffer Gonzalez au poteau et se qualifie pour la première finale de Grand Chelem de sa carrière. 3h28 de match : 6-3 7-5 5-7 4-6 6-4.

Même durée pour la deuxième demi-finale. On avait tremblé pour Roger face à Monfils, aujourd'hui, ceux qui soutenaient le Suisse ont réellement cru qu'ils allaient mourir !
Un match globalement ultra dominé par Juan Martin Del Potro et ses services canons. Tout a réussi à l'Argentin pendant le premier set. Un plutôt mauvais Federer a pu sauver les meubles lors du deuxième en dominant le tie-break avant de retomber dans ses travers lors du troisième set. A l'entame du 4ème set, on désespère mais Federer n'est pas un grand champion pour rien : il enclenche la seconde, breake Del Potro à plusieurs reprises. Il joue désormais sur un nuage et rien ne l'arrêtera, lui qui a enfin décidé de lâcher cette horrible pression qui repose sur ses épaules et délivrera enfin les coups dont lui seul a le secret. Del Potro gardera espoir pendant quelques jeux mais ne reverra plus le Suisse. 3-6 7-6 2-6 6-1 6-4.
Lors de la poignée de mains, Juan Martin sèchera même quelques larmes, réconforté tant bien que mal par Federer, tout comme dans le public, Mirka Vavrinec-Federer sèchera les siennes, pour d'autres raisons...

On en vient donc à mon propos. Roger Federer, 13 tournois du Grand Chelem, a toujours rêvé de remporter ce tournoi qui manque à son palmarès. Depuis plusieurs années, un homme et un seul lui barrait la route : Rafael Nadal. Dimanche dernier, un autre homme, Robin Soderling, a dégagé l'horizon du Suisse : il a coupé la tête du roi.
Depuis, tout le monde ou presque ne cessait d'affirmer à tort et à travers que l'édition 2009 ne pouvait décemment pas échapper à Federer.
Mais voilà, il faut retenir les leçons de ce que l'on observe. Il ne faut jamais perdre de vue que les choses ne se déroulent pas toujours comme on le croit. La défaite du tenant du titre nous avait pourtant rappelés à l'ordre, moi la première. La fameuse incertitude du sport...

S'il y avait une chose dont je pensais être certaine ou presque avant dimanche dernier, c'était la victoire de Nadal une nouvelle fois à Roland Garros. Mais s'il y a une chose dont je n'ai jamais été certaine, y compris depuis la sortie de Nadal, c'est que Federer soulèverait la Coupe des Mousquetaires.
Pourquoi ? Parce que Roger Federer est avant tout un coeur sur pattes. Je ne dis pas que Federer est un gentil petit bonhomme qui donnerait sa chemise au premier venu, qui verserait la moitié de ses revenus à ceux qui souffrent. Je ne parle pas de l'homme généreux ou pas. Je ne le connais pas. Mais ce que j'ai vu de son parcours depuis le début de ses années 2000, c'est que ce qu'il est devenu, il l'a travaillé. Roger, c'est d'abord quelqu'un qui a une haine irrépressible de la défaite, quelqu'un qui connait ses failles et ses forces et sait pertinemment ce qu'il peut faire...ou pas. Quelqu'un qui bout à l'intérieur et se contient, un homme profondément torturé.

Roger, c'est quelqu'un qui aurait probablement déjà gagné Roland Garros plusieurs fois si son meilleur ennemi, Rafael, n'avait pas été un tel monstre de terre battue. Et voilà que cette semaine, son principal obstacle se dissipe d'un coup, d'un seul.
Vous vous imaginez, vous et votre rêve, vous et votre putain de rêve qui se profile à l'horizon, vous et cette route dégagée, vous et votre connaissance de la moindre de vos failles, et surtout, vous et votre connaissance de votre supériorité par rapport aux adversaires restants (sans dénigrer Gonzalez, Del Potro et Soderling, il est évident qu'un bon Federer joue sur une autre planète) et enfin, vous et vos doutes, vous et cette quasi certitude qui vous susurre "C'est pour toi, tu ne PEUX pas, tu ne DOIS pas rater le coche", vous et cette saleté de pression qui fait qu'au moindre faux pas, vous pouvez comme vos plus sérieux adversaires, les Nadal et Djokovic, être éjecté de la compétition, d'un battement de cils ?
C'est probablement ce qui a fait que Roger a dû se dépétrer de situations plus que scabreuses, particulièrement ce vendredi.

Alors je vous le dis comme je le pense. Oui, Nadal ne se présentera pas sur le Chatrier ce dimanche et ça aurait été tellement plus "joli" que Roger remporte le titre face à lui. Oui, Djokovic non plus n'y sera pas. Oui, c'est Robin Soderling, spécialiste de surface dure qui tentera de contenir le Suisse. Mais qu'est-ce que je m'en fiche !
Roger, il galère tous les ans depuis quatre ans sur le Chatrier. Roger, il a lutté depuis le début de cette quinzaine. Roger, tout le monde ou presque ne cesse de creuser sa tombe depuis plus d'un an. Roger, il a un mental de fou quoi qu'on en dise, il a le jeu le plus beau, le plus ingénieux, le plus varié qu'on ait vu depuis bien longtemps (si ce n'est le meilleur mais là, je risque de froisser pas mal de monde et ce n'est pas le débat). Roger, il a envie, il est heureux de jouer et ça se voit. Roger, il mérite ce titre. Oui, il le mérite et il l'aura ! Enfin, j'espère... Sinon, c'est pas juste mais là, c'est la fan qui parle ;)
Allez Rodgeur ! Egale le record de Pete et surtout, deviens le plus grand, parole de Jean-Paul Loth !

En attendant, ne ratez pas la finale ce samedi à 15 heures "Dinara Safina-Svetlana Kuznetsova". La WTA passionne moins les foules mais vous aurez les meilleures joueuses de terre battue que le circuit féminin offre depuis quelques semaines. Un duel de cogneuses en apparence mais si on s'y attarde, on s'aperçoit que ces deux-là savent varier mieux que n'importe quelle joueuse en activité (excepté Amélie Mauresmo peut-être). Il sera intéressant de voir quelles tactiques seront adoptées...si le mental ne flanche pas de part et d'autre.

Crédit photo :
www.jamd.com

vendredi 5 juin 2009

Roland Garros : les demi-finales

Hier, un de mes rêves s'est concrétisé : Dinara Safina et Svetlana Kuznetsova se sont qualifiées pour la finale !
Safina, tout de même tendue, a battu Dominika Cibulkova en deux petits sets 6-3 6-3. Le score ne reflète pas vraiment la tension qu'a dû gérer la numéro 1 mondiale mais elle était bien au-dessus de la surprise slovaque de cette édition 2009.

L'autre surprise, australienne cette fois-ci, en la personne de Samantha Stosur, a poussé Kuznetsova jusqu'à la dernière manche. Cette dernière, plus solide et plus forte tout au long du premier set et de la moitié du deuxième, a raté le coche en milieu de match et s'est laissée embarquer dans une manche fatidique. La résistance australienne n'a au bout du compte été qu'un petit contretemps. 6-4 5-7 6-3.

Safina atteint ainsi sa deuxième finale d'affilée en Grand Chelem cette saison après sa finale calamiteuse à Melbourne contre Serena Williams et sa deuxième finale à Porte d'Auteuil après celle de 2008 qu'elle avait abandonnée à Ana Ivanovic. Une victoire à Paris lui permettrait d'asseoir définitivement sa domination sur le circuit et le trône de la WTA.
Kuznetsova quant à elle, atteint une nouvelle fois la finale de ce tournoi après 2006, année où la domination parisienne de Justine Henin l'avait empêchée de glaner un deuxième titre du Grand Chelem après celui acquis à l'US Open 2004.

Samedi, je serai sur le court Philippe Chatrier pour assister à ce match et je n'aurai aucune pression ni stress vu que l'une comme l'autre sont des joueuses que j'aime énormément. Tout bonus !
Un pronostic ? Safina en 3 sets.

Du côté des hommes, les demi-finales vont débuter dans quelques minutes.
Robin Soderling va affronter Fernando Gonzalez avant que Roger Federer (qui atteint pour la vingtième fois d'affilée une demi-finale de Grand Chelem !) ne tente de passer l'obstacle argentin, Juan Martin Del Potro.

Des pronostics ?
Gonzalez en 5 sets.
Federer en 4 sets...en espérant que je ne me trompe pas !

En attendant, je retourne à mon écran de télévision et à mon stress concernant Rodgeur ;)

Crédit photo :
www.jamd.com

mercredi 29 octobre 2008

Tout doucement...

Roger faisait son entrée dans le tournoi ce soir face à Soderling qui venait de tout balayer sur son passage à Lyon.Au vu de la relative irrégularité de l'ancien numéro un mondial,on se demandait ce à quoi on allait avoir droit.

Déjà,pas de parasite dans le quotidien federien: Mirka,son téléphone et ses chewing-gums sont là,les cloches suisses aussi ainsi que Mary-Joe Fernandez (qui a pris un sacré coup de vieux).
Le match commence tranquillement.Roger demande le Hawk Eye sur une première balle de service de Soderling et "oh miracle",il a raison.C'est un phénomène qui se présente tous les trois mois et qui mérite donc d'être souligné.
Le revers du Suédois n'est pas au top du tout.Il se déplace telle une cruche et se retrouve face à trois balles de break suite à un point marqué par Roger malgré une corde cassée.Tout simplement magique.Roger fait en tous cas une bonne entame de match.Suite à ce break,tout se déroule doucement: ils tiennent leurs mises en jeu,commettent des petites fautes par-ci par là.Ce n'est pas vraiment exaltant et si on ne fait pas attention,on peut même ne pas se rendre compte que ce premier set tourne au festival federien.Si le filet coopérait un peu plus avec Federer,ce serait même du Fedex.Une chose est sûre,le Soderling qui affronte Roger n'a rien à voir avec le Soderling qui a assuré à Stockholm et à Lyon.Il est constamment mis au supplice face aux variations du Suisse: balles slicées,coupées,bombées,liftées...Il bouffe du slice,et il déteste ça.Statistiques de Federer: 83% de premières balles de service,95% de réussite derrière ces premières balles...:)
6-4 Federer.

Dans la deuxième manche,Soderling est un peu plus en place: moins de fautes,un coup droit qui fonctionne enfin,plus de première balle de service et des coups gagnants très inspirés.
Roger quant à lui continue sur sa lancée malgré quelques fautes qui sont loin d'être aussi agaçantes que celles qu'il nous servait lors de ses premiers tours à Bâle ou pire,à Toronto et Cincinnati.
En tous cas,Roger n'a pas du tout envie de trainer en fin de set: il multiplie les services-volée et bonus,il a recours deux nouvelles fois au Hawk Eye et il a encore raison!Champagne!Passons.Malgré une grosse pression de la part de Robin,les deux gonzes vont jusqu'au tie-break,l'ennemi numéro un de la justice et du mérite.
Logiquement,Roger s'impose après avoir effacé deux balles d'égalisation à un set partout,enfin,devrais-je dire,après que Soderling a complètement dégoupillé sur une de ces deux balles d'égalisation...6-4 7-6.
Good job!

AUTRES RESULTATS
James Blake bat Simone Bolelli: 6-7 6-3 6-4
Andy Murray bat Sam Querrey: 6-2 6-4

Crédit photo:
www.jamd.com

dimanche 26 octobre 2008

Ode à Monsieur Federer

Okay,je suis sortie et j'ai fait tout ce qu'un sportif ne se peut se permettre.En même temps,je ne suis pas dans la course au Masters,alors...Bref,ce soir,au milieu des nombreux Erasmus que nous accueillons à La Réunion,il n'y avait pas mon Serbe qui est fan de Victor Troicki (prononcer:" Victor Troitski") et de Jelena Jankovic mais peu importe,je me suis amusée mais j'ai quand même pensé à vous et au tennis...Je tiens à signaler que je passe pour une folle dans ma "communauté" qui ne comprend rien au réalités et subtilités tennistiques.Je ne leur jette pas la pierre parce que de mon côté,les nouvelles basées sur des "jardins utopiques" et les molécules et autres gastéropodes ne m'inspirent pas plus.

Passons,avant d'entrer dans le monde de la débauche,j'ai eu l'immense honneur de revoir Fedex à l'oeuvre.N'accélérons pas trop le cours des choses.D'abord,j'ai vu un Del Potro épuisé se faire laminer par un Nalbandian pas si brillant que ça.Ensuite,j'ai vu Soderling se faire huer par le public (quoi de plus normal?) et finalement l'emporter face à un Simon qui a tenu grâce à l'adrénaline mais un peu à court ce soir.J'ai vu des bribes du match franco-français entre Tsonga et Benneteau.Nous aurions tous adoré une finale Simon-Tsonga mais reconnaissons la régularité toute nouvelle de Soderling et l'envie,l'agressivité,la hargne de Benneteau qui a tant galéré ces derniers mois.Allez Julien!!

Ce qui nous stimule,nadaliens ou federiens,c'est l'état de forme de nos champions,alors,revenons à ce qui importe au-delà de tout,ce qui écrit l'histoire et qui fera que quand on sera vieux,on saoulera nos petits enfants avec l'époque bénite qu'on aura vécue avec Roger,Rafa,Andy et Nole.
Donc,la demi-finale Federer-Lopez.
Ca commence doucement avec ce petit truc marrant qui fait que chaque fois que Roger place un ace,le public opine avec ce petit ristus qu'ont les gens qui ont compris une blague alors que les autres peinent à la capter.
Très vite,on s'aperçoit que Lopez va devoir arrêter de jouer constamment à "je volleye,tu volleyes,il volleye,nous volleyons,vous volleyez,ils volleyent" parce que, si au départ le Suisse n'est pas bien réglé,très vite,il commence gentillement à le trouer.Cependant,les jeux de service de Roger ne sont pas de tout repos.Il ne passe que 37% de première balle.Mais ce qui complique la tâche de l'Espagnol,c'est que derrière chaque première balle passée,Roger est à 100% de réussite.Bref,dans l'ensemble,Lopez commet trop de fautes et se fait breaker permettant à Roger de mener 4-2.Premier set plié: 6-3.

Dans la deuxième manche,Roger breake d'entrée et commence un festival d'aces.Lopez est gavé par les services gagnants du Suisse et ça se voit.On croit même qu'il va pleurer à un moment mais finalement,il rit (la faute aux champi sans doute).Cependant,ce deuxième set est plus consistant.On a de beaux échanges,de très belles volées,un jeu tout en toucher et en subtilité.C'est quasi imperceptible,mais Federer joue sur un nuage.Il varie tout,remet tout,réussit presque tout.Quand il perd un point,c'est parce que Lopez a eu un éclair de génie.
Je ne dirai pas que c'est du Fedex.Là,c'est autre chose.Il y a comme un supplément d'âme,ce supplément que les federiens de la première heure soupçonnaient sans pouvoir lui donner un nom.Ce petit quelque chose qui émane d'un vase ébréché,qu'on pensait indestructible mais qui peu à peu s'est fêlé mais ne s'écroule pas.Quand il sait que de l'eau va lui être confiée,il résiste et ne croule pas sous son poids.Il sait pertinemment que sa prime jeunesse s'en est allée,mais il est tellement radieux,sa présence est tellement évidente,qu'il ne peut ni ne doit plier.6-3 6-2 Federer.

Ce soir je n'ai peut-être pas été drôle mais (hormis Deblicker) il n'y avait rien qui s'y prêtait.Subrepticement,Roger nous a servi un plat de fin gourmet.Une de ces douceurs qu'on dégustait sans nous en rendre compte et qui a pris de la valeur cette année.Souffrir avec lui,espérer encore et encore avec lui,soupirer avec lui,craindre avec lui et enfin réssuciter avec lui...que pouvions-nous faire d'autre?

Demain,ou plutôt cette après-midi,Roger affronte Nalbandian.Toutes mes pensées les plus profondes,les plus sincères vont vers lui et quand bien même il perdrait,quand bien même il perdrait toujours,ce voile fluet et si léger qu'il laisse derrière lui lors de ses moments de grâce suffiront toujours à me contenter.

Crédit photo:
www.smh.cm.au
Cette image a été choisie pour l'émotion que cet homme a pu transmettre lors de sa victoire à l'Open d'Australie 2006.