vendredi 29 avril 2011

Un an, un mois et 27 jours...(2/2)


Après cet état des lieux plus ou moins chaotique, rendons hommage à ceux qui ont su tirer leur épingle du jeu.

Ceux qui ont assuré et plus encore :

- Rafael Nadal. Numéro 3 il y a un an, il a réalisé le "clay slam" en remportant tous les rendez-vous importants sur terre battue (Monte Carlo, Rome, Madrid, Roland Garros). Promis par beaucoup à une retraite certaine en mars 2010, il a même récupéré sa place de numéro 2 puis est remonté sur le trône en étendant son empire au gazon de Wimbledon. Mieux encore, la réorganisation de son calendrier lui a permis de sortir vainqueur de l'US Open, tournoi qui se refusait à lui jusque là. Sa fin de saison n'a pas été flamboyante ni son début de saison 2011 (grippe, blessure, deux défaites d'affilée en finale de Masters 1000 face au même Novak Djokovic). Mais l'ocre est bel et bien là et ses deux titres acquis en deux semaines à Monaco et à Barcelone le placent pour la 6ème année de suite comme le grand favori des évènements à venir.

- Novak Djokovic. Se plaçant en 2008 comme celui qui voulait la tête du roi, jusque-là, il n'avait été que celui qui voulait mais n'y arrivait pas. L'US Open 2010 a posé la première pierre à l'édifice tout neuf du serbe : l'élimination de Roger Federer. La victoire en finale de Coupe Davis a parfait l'oeuvre : des ailes qui lui poussent. Enfin, une deuxième victoire en Grand Chelem à Melbourne a scellé l'ensemble : une confiance inébranlable. Bilan de ce début 2011 : 24 victoires, 0 défaites, 4 titres dont 3 majeurs et surtout, des victoires à répétition sur ses trois adversaires les plus sérieux. "Nakunpoumon" est devenu" Napadefaille". Jusqu'où ira-t-il ? Affaire à suivre.

- David Ferrer. Très régulier lors des Masters 1000 de fin d'année, il retrouve le Masters à Londres. En 2011, il continue sur sa lancée puisqu'il vient de défier deux fois de suite Rafael Nadal en finale des tournois de Monte Carlo et de Barcelone. Malheureusement pour lui, je doute qu'il puisse gagner quoi que ce soit lors de sa période préférée, c'est-à-dire maintenant : le lapin Duracell court, court, frappe, frappe, mais moins vite et moins fort que son compatriote.

- Stanislas Wawrinka. Se débattant au sein du top 30 depuis plusieurs mois, Stanislas a su se hisser plus haut en 2010. Vainqueur d'Andy Murray au 3ème tour de l'US Open, il a donné de bonnes garanties (notamment mentales) quant à son retour au plus haut niveau. Même si ces dernières semaines le suisse montre un petit coup de moins bien, il devrait rebondir bientôt.

- Jurgen Melzer. Tant en simple qu'en double, l'autrichien a réalisé sa meilleure saison l'an passé : demi-finaliste à Roland Garros, en 1/8ème de finale à Wimbledon pour la première fois de sa carrière et présent au Masters en double avec Philipp Petzschner. 2011 commence plutôt bien pour lui avec une victoire sur Roger Federer à Monte Carlo.

- Nicolas Almagro. Habitué du top 40, plus souvent dans le top 20 qu'au-delà, Nicolas vient de faire son entrée dans le top 10 pour la première fois de sa carrière. Demi-finaliste à Auckland et à Barcelone, vainqueur à Costa Do Sauipe et à Buenos Aires, finaliste à Acapulco, Nicolas brille dans les tournois de seconde zone mais fait surtout de la figuration lors des grands rendez-vous (4ème tour à Melbourne, toujours éliminé avant les 1/8èmes à Indian Wells, Miami et Monte Carlo). A défaut de panache, il a le mérite d'être très régulier même si cette entrée dans le top 10 est en partie due aux errements de ses concurrents.

- Viktor Troicki. Héros de la finale de la Coupe Davis face à la France en décembre dernier, en un an, il est passé de la 37ème place à la 16ème. Doté d'une confiance toute neuve, il est désormais bien installé parmi les meilleurs. La chance pourrait lui sourire un peu plus si elle arrêtait de le flanquer de son compatriote Djokovic lors des tirages au sort des tournois : ils se sont déjà rencontrés trois fois cette année avec des défaites toujours humiliantes pour Viktor...

- Mardy Fish. 91ème en avril 2010, Fish a signé des victoires importantes sur Andy Murray et s'impose à Newport et Atlanta. En 2011, il atteint les demi-finales à Delray Beach et à Miami, ce qui lui permet de se placer au 11ème rang.

- Richard Gasquet. Auteur de bons matches cette saison, Richard ne gagne pas forcément mais c'est dans l'état d'esprit qu'il semble avoir évolué. Loin des pressions passées, il joue pour le plaisir et ça se voit. Mieux encore, cela semble fonctionner vu qu'en avril 2010 il occupait le 77ème rang et qu'il a réintégré le top 20 le mois dernier. Pourvu que ça dure !

- Michaël Llodra. 2010 a été sa plus belle année : vainqueur à Eastbourne et Marseille et demi-finaliste à Paris-Bercy. Il a aussi été l'un des principaux artisans de la belle épopée française en Coupe Davis. Depuis, il est passé à côté de cette fameuse finale en Serbie et ne propose pas des qualités solides sur le circuit. On lui souhaite de retrouver la lancée sur laquelle il était en octobre 2010.

- Ivan Dodig. Presque inconnu au bataillon avant ces dernières semaines, il était encore 118ème en novembre 2010. Vainqueur du tournoi de Zagreb, quart de finaliste à Delray Beach et demi-finaliste à Barcelone, ce joueur complet et régulier progresse rapidement et s'installe peut-être durablement chez les cadres.

La relève qui donne de grands coups de pied dans la porte :

- Alexandr Dolgopolov. OVNI de par son jeu sur le circuit, cet ukrainien a su tisser sa toile. 20ème mondial, il n'était que 101ème en février 2011. Sans faire de grands coups d'éclat, c'est sa constance qui paie.

- Milos Raonic. Encore 152ème le 17 janvier 2011, ce jeune canadien a fait un bond de géant en presque trois mois. Sa 27ème place actuelle au classement est due à son premier titre à San José, sa finale à Memphis ainsi qu'à son omniprésence durant un gros mois. Il semble être rentré quelque peu dans le rang depuis mais risque fort de proposer une régularité suffisante à son maintien parmi les meilleurs.

- Kevin Anderson. En voilà un qui cadre parfaitement avec cet état des lieux basé sur un an. Le 12 avril 2010, le sud-africain était 103ème. Régulier, il a gravi les échelons et est désormais 34ème. Bilan de son début de saison : demi-finale à Brisbane, victoire à Johannesburg, quart de finaliste à Delray Beach et à Miami. Hier, il a atteint les quarts de finale à Estoril. Sa marche en avant continue.

- Grigor Dimitrov. Lui, ça fait une éternité qu'on l'attend. Il a longuement stagné loin dans le classement (entre la 400ème et la 245ème place entre mars 2009 et août 2010 puis entre la 190ème et la 105ème de septembre 2010 à janvier 2011). Désormais pensionnaire du top 100, il vient d'atteindre son meilleur classement (69 ème). L'année 2010 lui a permis d'écumer avec succès le circuit Challenger. Il a remporté deux titres en Allemagne, deux à Bangkok, un en Espagne, un à Genève et s'est hissé en finale du Challenger d'Orléans. Début 2011, il remporte le Challenger de Cherbourg mais parvient surtout à sortir des qualifications lors de plusieurs grands évènements comme à l'Open d'Australie, aux tournois de Rotterdam et de Dubaï ainsi qu'au Masters 1000 de Miami. Cette semaine, à Munich, il atteint les quarts de finale en battant Marcos Baghdatis et en sauvant de balles de match, une première dans sa carrière. Carrière qui semble enfin décoller. On croise les doigts pour lui !..

Après ce long tour d'horizon des principaux protagonistes de l'ATP, j'espère que vous n'êtes pas trop exténués. Il faut bien compenser un an de silence !

En attendant le prochain article (probablement un état des lieux de la WTA, ça promet !), jetez un coup d'oeil sur les tournois de Belgrade, Munich et Estoril qui se déroulent cette semaine (Belgrade et Munich sont (mal) retransmis sur Sport+, généralement en fin d'après-midi).

mercredi 27 avril 2011

Un an, un mois et 27 jours...(1/2)

...et rien n'a changé ou si peu !..

L'année dernière, je mettais mon blog en suspens pour une durée indéterminée et, à cette époque, Rafael Nadal soulevait le trophée monégasque pour la sixième fois d'affilée. Il y a deux semaines, il l'a soulevée pour la septième fois. Seul changement, il a remporté le tournoi de Barcelone pour la sixième fois. Ben oui ! En 2010, il ne s'y était pas rendu...Ça vous en bouche un coin tout ce changement, hein ?!

Trêve de plaisanterie, si on se penche plus objectivement sur le classement de l'ATP du 26 avril 2010, on note tout de même que les choses ont bougé et pas qu'un peu :

Il y a un an, c'était Roger Federer qui occupait la première place mondiale, Novak Djokovic avait enfin réussi à ravir la 2ème place à Rafael Nadal, 3ème. Depuis, on a joué aux chaises musicales et il y en a un qui a perdu...

Ne jetons pas la pierre au suisse, d'autres ce sont depuis méchamment gamellés (et c'est peu dire). Large tour d'horizon...

Celui qui a disparu mais qui, depuis, repointe le bout de son nez de manière probante :

- Juan Martin Del Potro s'est blessé, a quitté sa 4ème place mondiale pour se perdre dans les méandres du classement puis revenir petit à petit. Actuellement, il pointe au 46ème rang et revient bien.


Ceux qui ont disparu et qui rament, rament, rament pour revenir :

- Nikolay Davydenko a aussi été blessé. Autrefois, il avait su bien revenir et même si il a pu limiter la casse, cela fait quelques temps qu'il stagne autour de la 40ème place. Ses récents résultats laissent tout de même espérer un petit mieux.

- Fernando Gonzalez, opéré en 2010, il est revenu avant-hier pour la plus grande joie de la plupart des amateurs de tennis. Il est trop tôt pour se prononcer sur ce retour mais son match de rentrée a été de bon augure même s'il a été battu au 2ème tour par Feliciano Lopez.

- Ivan Ljubicic. Vainqueur surprise du tournoi d'Indian Wells 2010, Ivan est depuis retombé à la 32ème place mondiale. Ses prestations très moyennes en Grand Chelem ne lui ont pas permis de capitaliser les points glanés début 2010 et la perte de son titre californien l'a irrémédiablement fait chuter. Cependant, Ivan a connu quelques soubresauts intéressants notamment lors du récent tournoi de Monte Carlo où il a montré un niveau plus qu'honorable.

- Juan Carlos Ferrero. 16ème en avril 2010, Juan Carlos pointe aujourd'hui au 70ème rang. Opéré du genou et du poignet, il a été absent sept mois. Malgré l'arrivée de la saison sur terre battue et un parcours qui l'a mené en quart de finale du tournoi de Barcelone, il faudra attendre la suite des débats pour évaluer son niveau.

- Gilles Simon. Déjà dans le mou du top 30 il y a un an, Simon pointe au 22ème rang cette semaine. Après avoir chuté au classement au cours de l'année 2010, il revient peu à peu mais ses performances restent en dents de scie. Il a pu tout aussi bien tenir la dragée haute à Roger Federer à Melbourne en janvier comme perdre au premier tour du tournoi de Rotterdam en février. Ce n'est pas à moi que ses balles cotonneuses manqueront mais bon, parait qu'on ne tire pas sur une ambulance même si elle n'a pas activé son gyrophare...

- Lleyton Hewitt. Souvent enterré, souvent ressuscité, Lleyton marque le pas une nouvelle fois. Après un début 2010 plus que correct, couronné d'un titre à Halle face au maître des lieux, Roger Federer, l'australien a été de nouveau blessé et n'a pas connu une bonne fin de saison. De nouveau entraîné par Tony Roche, 2011 nous dira si la flamme revient. Pour le moment, on ne voit pas grand chose venir.

Ceux qui ont disparu et dont rien ne semble visible vu d'ici-bas :

- Andy Roddick qui, pour la première fois depuis 10 années, a quitté le top 10. Pour le moment, aucun signe de vie. En même temps, c'est pas le premier à se rouler dans la terre battue...

- Radek Stepanek. Dans le top 20 en 2010, il faut aller au-delà du top 60 pour trouver son nom aujourd'hui. Rien de particulier à préciser. Un des hommes les plus réguliers de l'ATP semble clairement marquer le pas.

- Ivo Karlovic a longtemps été le cauchemar de bon nombre de joueurs qui redoutaient de tomber sur lui lors d'un jour où son service ne leur laisserait pas d'air. Au fil du temps, Ivo avait su démontrer qu'il n'était pas qu'un gros serveur mais dernièrement, il a lourdement chuté au classement et pointe désormais hors du top 100. Il est 130ème.

- Tommy Haas, 20ème en avril 2010, s'est fait opérer. Après 14 mois d'absence, il a fait son retour sur le circuit, en double, il y a quelques jours. Le site de l'ATP ne propose plus de classement en simple sur sa fiche...Affaire à suivre...

- David Nalbandian. Ah !.. David...David qu'on a toujours attendu, qu'on attend encore. Au-delà du top 100 jusqu'en août 2010, David a repris l'habitude d'osciller entre la 45ème et la 19ème place. Actuellement, il vivote sur des points acquis la saison précédente mais est encore au prise avec des blessures et n'a plus affiché un niveau de jeu mirobolant depuis sa finale perdue à Auckland. Il n'a pris part aucun tournoi depuis le mois de février.

- Igor Andreev. Longtemps pensionnaire du top 30, le russe avait déjà entamé sa lente descente aux enfers il y a un an. Dans le top 100 depuis mai 2005, il a souvent dérapé hors de celui-ci : en août et septembre 2010 puis la semaine dernière. Il l'a réintégré cette semaine (pour combien de temps ?), mais on s'inquiète réellement pour Igor et on se demande ce qui se passe pour que son cauchemar dure aussi longtemps.

Ceux qui ont un temps "ébloui" la sphère tennistique et dont le processus "pschitt" est achevé ou en cours :

- Roger Federer. Bon, dans une moindre mesure, certes. Il a 30 ans dans moins de 6 mois, il fait encore des demi-finales, a gagné le tournoi de Doha et n'affiche que 5 défaites depuis la reprise dont trois contre Novak Djokovic, une contre Rafael Nadal et une contre un bon Jurgen Melzer (même si le niveau du suisse laissait à désirer ce jour-là). L'avenir nous dira s'il s'agit du fameux déclin dont les médias et observateurs lui rabattent les oreilles depuis trois ans ou s'il renaîtra une nouvelle fois de ses cendres.

- Fernando Verdasco qui se ramasse à chaque tournoi et, pire, s'embrouille avec les organisateurs de tournoi auxquels il ne participe pas...Avec un peu de chance, il n'aura pas l'occasion d'insulter le public français ou autre cette année...(on me dit à l'oreillette que je suis mauvaise langue et qu'il vient de gagner un match et de se qualifier pour les quarts de finale à Estoril...Bouh ! On tremble tous !)

- Jo-Wilfried Tsonga. Bon ben, sa saison a été pourrie par des blessures en 2010, depuis il est revenu mais sa nouvelle stratégie de jeu ("je fonce au filet et j'essaie de tout faire rentrer") n'a pas encore livré toute son efficacité. Il dit qu'il pense bien jouer mais ne gagne pas, d'où son incompréhesion. Personnellement, j'aime bien Jo, mais ce que je ne comprends pas, c'est où il détecte du "bon" dans son jeu actuel. Je lui souhaite néanmoins de se recentrer. Sans coach depuis plusieurs semaines, c'est loin d'être évident et ce n'est pas en soulevant de la fonte avec Roger Rasheed que ça ira mieux.

- Robin Soderling, tombeur de Roger Federer cette fois-ci à Porte d'Auteuil, nouvelle fois finaliste du même tournoi, a joué les premiers rôles jusqu'à atteindre le 4ème rang. Mais ces dernières semaines, c'est assez laborieux voire tout pourri. Notons qu'en 2009 il avait été nullissime avant Roland Garros et que l'année dernière ce n'était pas beaucoup mieux donc on ne peut pas encore l'enterrer.

- Mikhail Youzhny. Après un passage dans le top 10 (8ème) et des résultats très intéressants (quart de finale à Roland Garros, demi-finale à l'US Open, deux titres et une place de remplaçant au Masters de fin d'année), Mikhail rentre dans le rang et semble se faire rattraper par ses vieux démons. Les mickeys dans sa tête probablement...Tant qu'il n'essaie pas de les faire taire en s'ouvrant le front à coup de raquette !..

- Tomas Berdych. Demi-finaliste à Roland Garros, finaliste à Wimbledon, sa fin de saison 2010 n'a pourtant pas été marquante malgré une première participation au Masters de fin d'année. Depuis, sans réellement disparaître, Tomas fait pâle figure : sorti du top 10, ses prestations n'impressionnent pas grand monde.

Les figurants et ceux qui stagnent tellement que ça en devient ennuyeux :

- Andy Murray. Nouvelle victime attitrée des finales d'Open d'Australie, l'écossais est de nouveau tombé dans une dépression post-australienne, dépression pire que celle de 2010. S'étant fait doubler au classement par Robin Soderling, il a profité des performances en demi-teinte du suédois pour reprendre sa 4ème place sans réellement s'imposer. Il semble de moins en moins à même de remporter un titre majeur. Seule lueur d'espoir : le niveau de jeu et l'engagement qu'il a affichés en demi-finale de Monte Carlo face à Rafael Nadal mais, surtout, un attentisme devenu habituel (temporairement ?) laissé de côté.

- Marin Cilic. Pas grand chose à dire à part qu'il s'apparente de plus en plus à un joueur "lambda". Wake up !

- Gaël Monfils. Finaliste à Bercy pour la deuxième année de suite et auteur d'une saison 2010 pas flamboyante mais relativement positive, début 2011, Gaël est mis à l'arrêt deux mois avant de revenir lors du tournoi de Monte Carlo. Il est assez costaud physiquement pour qu'on ne s'inquiète pas outre mesure. C'est surtout techniquement, tactiquement et mentalement que Gaël ne semble plus avancer...Toujours pensionnaire du top 10 grâce à un étrange concours de circonstances, je lui conseillerais d'arrêter les clowneries sur le courts et de cesser de balancer ses matches.

- Tommy Robredo. Sans vraiment parler de joueur qui ne progresse plus (Tommy ne progresse plus depuis longtemps et d'ailleurs n'en est plus à ce stade), il m'a juste semblé normal d'évoquer Tommy, éternel squatteur du top 30. Blessé dernièrement, on espère qu'il se rétablira vite pour nous gratifier de ses habituels et réguliers 1/8èmes de finales.

- John Isner/Sam Querrey. Deux en un. Ils louvoient entre la 19ème et la 29ème. La pèriode ocre ayant débuté, on ne devrait pas vraiment entendre parler de la paire américano-géante. Ils devraient revenir nous hanter aux abords du Queen's, de Halle, Eastbourne et Wimbledon.

- Juan Monaco. 24ème il y a un an, 38 ème cette semaine. La terre battue devrait lui faire gagner des places mais l'époque des parpaings dans tous les coins du court et à l'intérieur des lignes semble révolue.

- Philipp Kohlschreiber. Joueur talentueux, auteur de bon nombre de matches de qualités, on attend toujours qu'il s'affirme. Mais voilà, le mental ne suit pas, le niveau varie beaucoup. On attend encore...

- Albert Montanes, l'énigme. Voilà un joueur spécialiste de terre battue, sans coup fort, qui parvient chaque année à grapiller des points par ci, par là. J'aime toujours l'étonnement que les observateurs expriment chaque fois qu'ils constatent que Albert est constamment dans le top 30 ;)

- Marcos Baghdatis. Longtemps promis à une carrière prolifique, le chypriote n'a jamais été laissé tranquille par les blessures. Même si depuis un peu plus d'un an il parvient à rester dans le haut du classement, on le sent constamment fébrile. Pour preuve, son début de saison : six victoires pour huit défaites. A ce rythme là, Marcos pourrait rapidement chuter.

- Ernests Gulbis. Autour de la 30ème place il y a un an, Ernests en est toujours au même point. Talent inexploité, manque de travail et d'investissement, mental laissant à désirer, le premier concerné en est même à se demander ce qu'il pourrait faire pour s'occuper. Finalement, il semble opter pour l'option "touriste de l'ATP", fatigué d'avance de chercher une autre idée. En tous cas, voilà une conception du monde tennistique bien singulière et après tout, pourquoi pas ? Va falloir s'y faire !

Dans l'article suivant, un état des lieux bien plus réjouissant.

Vais me faire tuer par mon mari avec le nom de ce site...

mardi 2 mars 2010

Coupe Davis et Indian Wells

Le tournoi de Dubaï et les (étranges) tournois sur terre battue américaine sont terminés et le premier tour de la Coupe Davis pointe déjà le bout de son nez.

L'Espagne (probablement sans Rafael Nadal ni Fernando Verdasco) reçoit la Suisse (sans Roger Federer). Le choc était originellement prometteur mais le soufflet est vite retombé, faute aux nombreux désistements.

La France quant à elle reçoit l'Allemagne pour une rencontre qui se voulait au premier abord indécise. Mais Tommy Haas étant absent, les choses semblent un peu plus simples pour les tricolores. Gilles Simon a été écarté de la sélection au vu de ses dernières performances et ce seront Tsonga, Monfils, Llodra et Benneteau qui affronteront l'Allemagne de Kohlschreiber, Becker, Kas et Greul.

Les autres rencontres en vrac :
Russie - Inde
Suède - Argentine
Croatie - Equateur
Serbie - Etats-Unis
Chili - Israël
Belgique - République tchèque

Mes pronos :
Espagne, France, Russie, Argentine, Croatie, Etats-Unis, Chili, République tchèque.

Une fois la compétition collective terminée, ce sera le Masters 1000 d'Indian Wells qui ouvrira ses portes. Du 11 au 21 mars, ce tournoi doté de 3 645 000 $ verra s'affronter les meilleurs joueurs au monde en espérant que les numéros 1, 3 et 4 mondiaux (Federer, Nadal et Murray) seront d'attaque. En effet, les semaines qui se sont écoulées nous ont montré une face quelque peu terne du tennis masculin, les tous meilleurs n'ayant pas pu défendre leurs chances. Par ailleurs, le niveau de jeu proposé par le numéro 2 actuel, Novak Djokovic, nous a laissés sur notre faim malgré sa victoire à Dubaï...

A vos pronos !

jeudi 4 février 2010

L'éveil du cerveau

Me revoilà !
Mon cerveau s'est remis en marche alors j'en profite pour reprendre mon clavier en espérant que ce sera pour de bon !

Je me suis dit qu'un petit billet de début de saison ne serait pas de trop vu le petit "creux" qu'on traverse chaque année entre le tonitruant Open d'Australie et la tournée américaine. Donc, en attendant les Masters 1000 d'Indian Wells et de Miami, petit tour d'horizon de la planète tennis après les quelques premiers éléments que Melbourne nous a fournis.

Roger Federer :
Comme je le disais la semaine dernière, 16 ! Il y a un an, on se demandait si le record de Sampras allait enfin tomber et les larmes du Suisse suite à sa défaite en Australie ne nous rendaient pas particulièrement optimistes. Depuis, les choses ont bien changé et le record a non seulement été égalé mais il est en voie d'atomisation.

Cependant, ne nous emballons pas comme certains qui lui prédisent déjà le Grand Chelem 2010 et un record amené à 25 à la fin de sa carrière. Certes, le fameux déclin se fait désirer, Federer semble libéré mentalement, toujours aussi amoureux de son sport et plutôt frais physiquement mais n'oublions pas ses poursuivants...

En ce qui concerne Rodgeur et lui seul, sa saison et d'ores et déjà réussie avec déjà un majeur dans sa besace. Le reste ne serait que bonus.

A échéance courte, je ne pense pas que remporter les Masters 1000 américains et les Masters 1000 sur terre battue lui apporteraient quoi que ce soit de plus, à part, bien sûr, une meilleure assise dans sa domination et un matelas de points plus important. A mon sens, il lui suffit de gérer cette période pré-Roland Garros sans fioriture : juste sauvegarder les quelques points glanés en 2009.

A échéance moyenne, l'important reste le record total de semaines passées à la place de n°1 (286 détenu par Pete Sampras, encore lui) que le Suisse pourrait égaler et dépasser dès le mois de juin.

Concernant les tournois du Grand Chelem, gagner de nouveau à Porte d'Auteuil renforcerait encore l'aura de Federer en clouant le bec des mauvaises langues qui ne voient en sa victoire de 2009 qu'un gros coup de bol (à discuter, certes...). Gagner à Wimbledon serait égaler le record que co-détiennent William Renshaw et Pete Sampras (encore lui !) : 7 victoires au All England Club. Gagner à l'US Open serait récupérer la couronne que, selon moi, il a eu la très mauvaise idée de laisser à Juan Martin Del Potro alors qu'il pouvait nettement la conserver, et ainsi se placer à une longueur du vieux record de Bill Tilden et ses 7 réalisations sur terre américaine.

En résumé, on est toujours en pleine folie des records et si tout se goupillait correctement pour le Suisse il égalerait aussi le record de Sampras (décidément...) de saisons terminées sur le trône : 6.

Personnellement, j'essaierai juste de savourer le jeu de mon Maître sans trop penser à tous ces chiffres...

Mon conseil : Arrêter de porter ses vêtements étranges à Wimbledon et mettre le feu à ses "sacs à mains".

Rafael Nadal :
Là, c'est tout le contraire. L'année dernière à cette même période, beaucoup le voyaient réalisant ce que son ennemi Suisse n'avait jamais fait : le Grand Chelem. Après une saison 2008 qui l'avait couronné, il décrochait le titre australien et roulait sur tous ses adversaires à coup de glissades sur l'ocre jusqu'à ce qu'un dimanche de mai, Federer le batte chez lui, à Madrid. La suite on la connait : un Soderling en fusion le sort du tournoi qui ne l'avait jamais vu perdre, Roland Garros. Blessure, forfait à Wimbledon, retour au Canada pas franchement tonitruant, tournée américaine plus qu'honorable mais franchement pas impressionnante, fin de saison limite boitillante. Si ce n'était cet autre couronnement avec les siens en Coupe Davis, Nadal aurait pu tirer la tronche au vu de sa deuxième partie de saison.

Nouvelle page, 2010 te voilà. Un Nadal retrouvé à Doha et vaincu par l'homme en forme, Davydenko. Un Nadal revigoré à Melbourne se défaisant de ses camarades comme au bon vieux temps et puis Andy Murray et son jeu (enfin !) offensif, un effort de trop et les genoux qui se rappellent à son bon souvenir.

L'Espagnol ne devrait pas tarder à revenir, sa blessure ne semblant pas grave. Juste une petite alerte. Mais, en attendant, il a vu Djokovic et Murray lui passer sous le nez au classement et les semaines qui arrivent seront des plus périlleuses pour l'ex numéro 1 mondial : des wagons de points à défendre, un titre à Indian Wells, un autre à Monte Carlo, un autre à Barcelone, puis encore un autre à Rome...Sans les genoux, la tâche se révèle difficile même pour le maître absolu de la terre battue et le moindre faux pas serait synonyme de glissement au classement pour finir par naviguer dans les eaux troubles du milieu du top 10. Mais si on connaît la bête, on se doute que rien ne se passera de cette manière. Cet homme est indestructible, je vous le dis !

Récupérer son titre à Roland Garros s'inscrirait dans la logique même si je pense que sa réputation sur ocre n'est plus à faire et qu'un titre en plus ou en moins à Paris ne changerait pas grand chose à l'affaire.

Il me semble que s'installer une nouvelle fois sur le trône des jardins londoniens marquerait plus les esprits. Mieux encore, profiter de sa pause forcée pour tenir plus longtemps en fin de saison et enfin faire plus que "bonne figure" à New York et soulever le seul trophée qui manque à son palmarès et ainsi rejoindre Andre Agassi et Roger Federer dans le cercle utlra fermé des joueurs ayant remporté tous les titres du Grand Chelem.

Mon conseil : Abandonner définitivement les shorts à carreaux. Cette réminiscence des années 90 me file le tournis à chaque fois.

Andy Murray :
Il avait livré une saison 2009 toute en contre et défense et s'était rendu compte que jouer à "pousse ba-balle" ne lui apporterait rien du tout. Sa rentrée 2010 avait été assez impressionnante de maîtrise et il se présentait en finale de l'Open d'Australie fort d'un "head to head" qui lui était favorable. En 2008, il avait déjà défié Federer à New York et sa défaite sèche avait été mise sur le compte de son inexpérience et du poids de l'évènement. Un an et demi plus tard, il a dû faire avec un nouvel élément qui, je pense, lui avait échappé : un Roger Federer en finale de Grand Chelem n'a rien à voir ou presque avec un Roger Federer de Masters 1000. Ses larmes lors de la cérémonie de remise des trophées traduisent probablement le constat suivant : il lui reste encore pas mal de marches à gravir avant de prétendre au statut de Federer et Nadal.

Mais c'est un joueur intelligent qui ajuste continuellement son jeu, sa tactique et ses objectifs. Nul doute qu'il remportera bientôt son premier titre majeur. Pas d'objectif précis pour le Britannique cette saison à part sans cesse progresser et se rapprocher le plus possible de ce qui se fait de mieux dans ce sport.

Mon conseil : Arrêter de trop ouvrir sa bouche en conférence de presse, cesser de s'exciter sur les fautes adverses en transformant le court en stade de foot et demander à son équipementier de lui fournir des fringues un peu plus présentables.

Novak Djokovic :
On attend toujours le jour où il prendra la place du roi...C'est méchant parce qu'au fond, le Serbe, je l'aime bien. Enfin, j'aime beaucoup sa technique et ses blagounettes. Ce que j'aime moins ce sont ses maladies dont, à force, on ne sait plus si c'est du lard ou du cochon. Novak, donc, depuis son titre en Australie, rame. De coups d'éclats (pas si éclatants que ça vu qu'il foire régulièrement en finale, prenant la route que Svetlana Kuznetsova a longtemps prise et devenant petit à petit le "runner-up attitré"avec 11 finales perdues dont 7 en grand rendez-vous) en période d'invisibilité, il a tout de même réussi à monter sur la 2ème place du podium après maintes tentatives infructueuses. Cette saison 2010 se présente donc encore comme un joli flou artistique, l'objectif étant de battre les meilleurs au bon moment (c'est-à-dire pas forcément à la Masters Cup des éclopés ou en période de préparation) et décrocher un deuxième majeur.

Mon conseil : Faire un check-up complet tous les deux mois pour éviter toute insolation, maux d'estomac, mal de tête, bourdonnement d'oreille, ongle cassé et autre cuir chevelu gras et retourner chez Adidas parce que Sergio Tacchini lui a collé un style asiatique plutôt raté.

Juan Martin Del Potro :
US Open toujours pas digéré. Ca commence à faire long...Certes, l'Argentin n'abandonne plus et on n'a plus peur qu'il fonde en larmes à chaque fin de set mais le physique est défaillant. Je pense que les prochaines semaines nous donneront plus d'éléments quant à ce qu'il sera capable de faire en 2010 parce que, là, tout de suite, je n'en ai aucune idée !

Mon conseil : Faire en sorte d'être un peu moins à fleur de peau parce que ses camarades ne vont pas attendre qu'il digère ses éventuels succès pour l'affronter.

Nikolay Davydenko :
Niko, Niko, Niko...On pensait que sa victoire à la Masters Cup de Londres lui donnerait définitivement des ailes. On pensait que son titre à Doha et surtout ses victoires sur Federer et Nadal étaient un signe avant coureur de la déferlante russe. Que nenni. En cinq sets, son mental craint encore. Malheureusement, j'ai peur qu'il n'y ait rien à faire à part garder la même forme, continuer d'agresser ses adversaires et tenter de réparer son mental déficient. Mais on y croit ! D'autant que s'il y en a un qui mérite de gagner un majeur depuis belle lurette, c'est bien lui.

Mon conseil : Laisser croire qu'il n'est qu'un croque-mort et ne plus essayer de faire des bisous à Jim Courier (ou qui que ce soit d'autre d'ailleurs) parce que le seul effet qui en découle c'est que ce n'est franchement pas naturel...

Andy Roddick :
Tout d'abord, félicitons-le une nouvelle fois pour le niveau qu'il a su maintenir tout au long de la décennie. A-Rod ne meurt jamais et sa dernière finale à Wimbledon en est la plus belle preuve. Cependant, depuis, plus rien ou si peu. Certes, il est toujours présent, toujours bien placé mais lorsqu'il s'agit de franchir l'ultime obstacle, il n'y arrive pas. Comme pour Davydenko, je doute qu'une marge de progression existe encore. Rester à l'affût, voilà son seul salut.

Mon conseil : Arrêter de chouiner dès que quelque chose le chiffonne lors d'un match et penser à devenir commentateur lorsqu'il prendra sa retraite parce que je sens qu'il nous offrirait de grands moments sans langue de bois !

Jo-Wilfried Tsonga :
Les fervents tricolores commencent probablement à s'impatienter et les plus mal intentionnés d'entre eux ont probablement en tête de se ficher gentiment de la tronche de notre Jo national parce qu'il tarde à réitérer ses exploits de l'Open d'Australie et de Bercy 2008. Quant à moi, j'estime qu'il lui faut du temps et que son parcours australien ne présente que des aspects positifs.

Tout d'abord, il a confirmé qu'il ne détient pas un mental en carton comme la plupart de ses compatriotes. Ensuite, son physique semble tenir de mieux en mieux. Enfin, il a l'air d'écouter un peu plus son coach et modifier ses choix tactiques, chose qu'il ne faisait pas du tout auparavant. Reste à coller ses adversaires au train dans l'espoir qu'une brêche s'ouvrira un jour mais n'étant pas plus talentueux que ceux qui le précèdent au classement, j'ai du mal à voir quand est-ce que cela se produira. Ceci dit, il a l'air bien implanté dans le top 10 et c'est tant mieux.

Mon conseil : Ne pas autant compter sur l'euphorie du public pour commencer à bien jouer parce que les tournois ne se jouent pas tous en Australie ou en France...

Les autres en très bref :

Valeurs montantes :
Marin Cilic perce enfin. Sa progression est régulière et il devrait bientôt être totalement dans la capacité de lutter contre les Murray, Djokovic et autres Del Potro.

Valeurs stagnantes :
Robin Soderling, encore dans le top 10 grâce à son improbable finale à Roland Garros, éliminé très tôt à Melbourne. En bref, toujours aussi inconstant visiblement.

Fernando Gonzalez tape, tape, tape et tape. C'est tout ce qu'il sait faire et c'est lui-même qui le dit (même si on sait très bien qu'il sait faire autre chose...). Il est toujours là, c'est bien, mais on ne le voit pas aller plus haut.

Gaël Monfils, il fait le show, il glisse, il balance des pains et il gagne toujours pas. Pire, il agace de plus en plus de monde. Circulez, y a rien à voir.

Et je vous épargne les Stepanek, Ferrer, Wawrinka,...

Valeurs chutantes :
Fernando Verdasco a l'aura qui ternit. Cette aura, il l'avais acquise grâce à la victoire qu'il avait apportée à l'Espagne lors de la finale de la Coupe Davis 2008 et surtout grâce à sa demi-finale homérique qu'il avait partagée avec Nadal à Melbourne en 2009. La façon dont il avait perdu cette demi-finale aurait dû mettre la puce à l'oreille de ceux qui en faisaient déjà un immense joueur. Je n'y ai jamais cru et il m'a quand même un peu donné raison. Fernando ne fait plus rien ou presque. Ah, si ! Il fait des double-fautes et des fautes directes à la pelle...

Gilles Simon. Je ne pouvais décemment pas reprendre mon clavier sans taper un petit peu sur mon souffre-douleur favori (désolée, Titemary ;)). Bon, il est blessé, il a des circonstances atténuantes. Ceci dit, il serait en pleine forme qu'il ne se passerait rien de fantastique...

Petite pensée pour Tommy Robredo qui a manqué à son devoir d'atteindre les huitième de finale...

Ce tour d'horizon des principaux acteurs de l'ATP maintenant terminé, à vous de nous faire partager vos impressions après la première levée du Grand Chelem, vos espoirs, vos attentes, vos craintes, vos conseils...

lundi 1 février 2010

16 !

Un petit mot en passant : hey, les amis, ça fait 16 !
Vive Rodgeur ! Vive l'australian open !

Et à très vite, j'espère !..