dimanche 29 mai 2011

Roland Garros : l'article WTA

Y a pas que les mecs à Roland. Y a aussi des meufs et même si le niveau global est moins folichon, il faut arrêter de crier à la catastrophe et regarder les faits d'un peu plus près.

Tandis que 10 des 16 têtes de série masculines sont encore en course, 12 des 16 têtes de série féminines ont tenu leur rang.

Eh oui ! A force de nous rabattre les oreilles à coup de Wozniacki, Stosur et Clijsters, on a lavé le cerveau (déjà anti-WTA, il faut le dire) de bon nombre d'observateurs. "Observateurs" qui n'en ont que le nom, d'ailleurs, parce que généralement, ils ne regardent même pas plus de deux jeux du circuit féminin. Non, ils se dépêchent de zapper pour courir gerber sur ces demoiselles à longueur de forums. C'est plus marrant. Comme si TOUS les premiers tours masculins nous procuraient orgasme sur orgasme. Je suis désolée, on peut dire que la WTA est globalement moins dense que l'ATP, que sa hiérarchie est plus facilement ébranlable, on peut aussi ne pas aimer le tennis féminin mais qu'on ne vienne pas me dire que le Guillaume Rufin-Gaël Monfils du début de semaine était de haute voltige alors que le Marion Bartoli-Olga Govortsova qui se jouait en même temps présentait 100 fois plus d'engagement, moitié moins de fautes et une cadence infernale tandis que Monfils traînait la patte.

Oui, on s'emmerde parfois pendant les matches masculins. Non, on ne s'emmerde pas systématiquement lors des matches féminins.

Qu-en est-il du duo de tête du classement WTA et de la dernière finaliste de Roland Garros, alors ?

Franchement, Kim Clijsters sur terre battue, c'est laborieux. Elle a beau gagner des Grands Chelems, si elle se pointe (bien malgré elle, on est d'accord) Porte d'Auteuil sans aucune préparation, ses chances d'aller loin sont infimes. Bien sûr, même sans préparation, perdre contre Arantxa Rus de cette manière laisse perplexe. Je crois que la constance de la belge laisse à désirer. Ses titres en Grand Chelem sont l'arbre qui cache la forêt : comment se fait-il qu'elle ne soit toujours pas capable de ravir la 1ère place mondiale à Wozniacki alors qu'elle est presque la seule à gagner des titres prestigieux ? Son inconstance, je vous le dis !..
On oublie un peu trop que la première carrière de Kim a aussi été un long chemin de croix face aux meilleures de l'époque : les Williams, Mauresmo, Henin...Elle n'a jamais, ou si peu, été une emblématique meneuse et elle semble ne pas en prendre le chemin pour le moment.
Donc, Clijsters éliminée de Roland Garros, un tremblement de terre ? Certainement pas.

Caroline Wozniacki. Son problème n°1 ? Son allergie à la terre battue. Elle a beau avoir fait des progrès, l'ocre, c'est pas son truc. Oui, elle gagne des titres sur terre battue mais contre des filles qui sont dépassées par sa cadence et sa défense, quelle que soit la surface.
Son problème n°2 ? Son calendrier. Le tournoi de Bruxelles, qu'elle a gagné samedi dernier après avoir passé 5 heures en deux jours sur les courts la veille du début de Roland Garros (!!), avait été dédié à Justine Henin et Kim Clijsters. La première citée avait clairement déclaré que jouer un tournoi si près d'un Grand Chelem était inconscient. Wozniacki a eu cette inconscience, c'est ce qui l'a probablement tuée.
Donc, Caroline Wozniacki éjectée de Roland Garros, un scandale ? Sûrement pas.

Samantha Stosur. Pas de résultat probant depuis des mois, un mental extrêmement friable, une finale atteinte l'année dernière à la surprise générale, finale totalement foirée, d'ailleurs. Franchement, dois-je développer en quoi Stosur n'était pas "une favorite" ?

Alors qu'on cesse de pointer du doigt trois filles qui, pour des raisons différentes, n'allaient de toute façon pas soulever le trophée. Penchons-nous plutôt sur celles qui faisaient ou font désormais figure de prétendantes.

Les solides

Svetlana Kuznetsova : Vainqueur du tournoi 2009, elle ne fait pas de bruit, mais elle déroule. Plus fine, mieux dans sa tête, Svetlana tient son rang et c'est tant mieux. Elle n'a pas perdu un seul set et n'a laissé que 11 jeux en cours de route.

Vera Zvonareva : 3ème au classement, on n'entend pas trop parler d'elle. Moins facile que sa compatriote Kuznetsova, elle avance tout de même.

Francesca Schiavone : Tenante du titre, sa préparation nous avait laissés sur notre faim. Mauvaise à Rome, il semble que ce soit à Paris qu'elle soit réellement elle-même. En tous cas, elle ne montre pas de signe de faiblesse et a l'air déterminée.

Jelena Jankovic : Revenue dans le top 10 depuis quelques temps, on parle moins d'elle mais sa défense reste l'une des meilleures du circuit.

Na Li : Solide, c'est le mot. Elle est constante et domine sans soucis les adversaires moins bien classées. Reste à voir ce qu'elle fera face à une vraie opposition.

Petra Kvitova : Récente vainqueur du tournoi de Madrid et nouvelle pensionnaire du top 10, ses grands coups droits, son bras gauche ultra rapide et sa prise de balle très précoce ne laissent aucune chance à ses opposantes. Une très sérieuse prétendante au titre.

Victoria Azarenka : Pour l'instant, le mental friable et la santé fragile semblent lui laisser un peu d'air. Solide, sans plus, la bélarus, 4ème au classement tient son rang.

Maria Sharapova : Malmenée par la jeune Caroline Garcia au 2ème tour, Sharapova a fait preuve d'une détermination sans faille. Toujours aussi bruyante (c'est insupportable...), elle s'est très facilement défaite de Yung-Jan Chan hier. Pour la première fois de sa carrière, elle a une réelle chance d'atteindre la finale sans trop d'encombre : sa partie de tableau est moins dense que l'autre.

Les "surprises"

Daniela Hantuchova : C'est avec son cerveau et son toucher qu'elle a battu Caroline Wozniacki. Bien en place, à l'aise sur l'ocre, Daniela passe les tours tranquillement.

Gisela Dulko : Adepte de l'ocre, elle a eu la ténacité nécessaire face à Sam Stosur. Pas vraiment éblouissante, on attend de voir ce dont elle est capable face à une adversaire plus constante.

Pêle-mêle

Andrea Petkovic, Agnieszka Radwanska, Maria Kirilenko, Edina Makarova, Anastasia Pavlyuchenkova, Marion Bartoli : autant de noms qui figurent régulièrement aux tableaux des fins de tournoi. Elles sont là et ce n'est pas réellement étonnant.
Chapeau bas tout de même à Marion qui semble beaucoup plus épanouie qu'auparavant et parvient enfin à trouver du plaisir à Roland Garros. Par ailleurs, si vous en avez l'occasion, tendez l'oreille lorsqu'elle fait des analyses techniques, c'est très intéressant et très intelligent.

Les pronos des 1/8èmes

Daniela Hantuchova - Svetlana Kuznetsova : Kuznetsova en 3 sets

Marion Bartoli - Gisela Dulko : Bartoli en 3 sets

Vera Zvonareva - Anastasia Pavlyuchenkova : Zvonareva en 3 sets

Jelena Jankovic - Francesca Schiavone : Schiavone en 3 sets

Na Li - Petra Kvitova : Kvitova en 3 sets

Ekaterina Makarova - Victoria Azarenka : Azarenka en 2 sets

Maria Sharapova - Agnieszka Radwanska : Sharapova en 2 sets

Andrea Petkovic - Maria Kirilenko : Petkovic en 3 sets

En résumé, pas mal de suspense et de filles qui ne présentent pas forcément des jeux stéréotypés comme Petkovic, Schiavone, Kuznetsova et Hantuchova, et d'autres, plus conformes à la norme actuelle mais qui envoient du lourd !
Le premier qui me sort que Soderling, Monfils et Djokovic font de la poésie et que la clique de limeurs représentée par Ferrer, Chela, Montanes, Falla, Simon et Nadal (lorsqu'il retombe dans ses travers de défenseur) font dans l'originalité, je lui en colle une ! ;)

Bons matches !

Roland Garros : mieux vaut tard que jamais !

Débordée ces dernières semaines, j'ai dû mettre le tennis un peu de côté. J'ai donc raté le lancement de la deuxième levée du Grand Chelem, un comble pour moi. Roland Garros, c'est toute mon enfance, une énorme partie de ma vie tennistique.
Alors, c'est parti pour un état des lieux alors qu'on débute la deuxième semaine !

Etat des lieux

Chez les hommes, sur les 16 têtes de séries engagées, 10 ont tenu leur rang. C'est lors des tout premiers tours que les surprises se sont accumulées : Marin Cilic s'est fait sortir en 4 sets par Guillermo Garcia-Lopez, Tomas Berdych a halluciné en voyant le rafraichissant Stéphane Robert lui chiper la victoire au bout de cinq sets haletants et enfin, Nicolas Almagro a perdu face à Lukas Kubot, en cinq sets également. Et tout ça au premier tour ! Résultat : une partie de tableau considérablement remaniée et allégée.
Les autres têtes de série sont là, discrètes pour certaines, tonitruantes pour d'autres.

Ceux qui ont marqué les esprits

David Ferrer : Il n'a laissé aucun set en route et est littéralement passé sur les cadavres de Jarkko Nieminen, Julien Benneteau et Sergiy Stakhovsky. Le plus impressionnant est que, plus les tours passent, plus il humilie. Mais on connaît David, chaque année il assure contre les moins bien classés avant de se casser les dents sur des joueurs plus solides que lui. Wait and see...

Gilles Simon : Bah oui. Il paie toujours pas de mine et malgré un excellent niveau de jeu en Australie en janvier, il n'a rien fait depuis. Il semble avoir remis son jeu en place. Pour preuve, il déroule assez facilement. Michael Russell et Mardy Fish n'ont pu lutter. Seul Jérémy Chardy a pu lui piquer un set avant de s'écrouler. Il est probablement la meilleure chance française au vu de son niveau et surtout, de son tableau.

Roger Federer : Il se fait discret, et c'est tant mieux. Aucune alerte du côté du suisse, au contraire, des beaux points et des matches pliés rapidement face à Feliciano Lopez, Maxime Teixeira et Janko Tipsarevic. La suite de son tournoi dépend évidemment de son niveau de jeu mais aussi de ceux qui seront en face. C'est con à dire, mais plus il avance dans l'âge, plus cette lapalissade est de mise...

Richard Gasquet : Radek Stepanek, Marcel Granollers et Thomaz Bellucci l'ont peut-être fait vaciller mais aucun n'a su se débarrasser du Richard Nouveau. Un désir de se rapprocher de sa ligne de fond de court, un revers en béton, un coup droit meilleur, une communion avec le public, un mental solide et un réel plaisir à jouer : la recette Ricardo Piatti (l'entraîneur de Richard) fonctionne. Et c'est tant mieux. Malheureusement pour Richard, aujourd'hui se dresse un mur imprenable ou presque : Djokovic.

Novak Djokovic : Toujours en mode robot, il ramène tout, remet tout, accélère tout, explose tout. Thiemo de Bakker et Victor Hanescu sont passés à la moulinette, Juan Martin Del Potro lui a pris un set, mais Novak impressionne encore et toujours. Il en est à sa 40ème victoire d'affilée depuis le début de la saison. La question à 10 000 francs reste sans réponse : quand va-t-il s'arrêter ?!

Ceux qui laissent une impression mitigée

Rafael Nadal : Attendu au tournant, le numéro un mondial ne convainct toujours pas. John Isner l'a plus que bousculé, Pablo Andujar l'a fait suer, des choses qui étaient totalement inconcevables il y a quelques semaines. Antonio Veic a servi de victime expiatoire, histoire de redonner un peu de confiance à Nadal. Oui, mais ce n'est pas encore suffisant : une réelle opposition nous en dira plus sur le réel niveau de jeu du numéro un. Mais quelque chose me dit que la bête ne tardera pas à se réveiller...

Andy Murray : Tout mou au premier tour face à Eric Prodon, inconstant et devant une partie de sa victoire à la fébrilité navrante de Simone Bolelli au deuxième tour, Andy nous a rassurés hier face à Michael Berrer...si ce n'était cette entorse qu'il s'est faite et qui hypothèque ses chances. Le coude à Monte Carlo, la cheville à Roland Garros, ce serait vraiment dommage qu'il ne puisse pas totalement exploiter son bon niveau sur terre battue.

Robin Soderling : Sérieusement chahuté lors de son premier match (4 sets pour expédier Ryan Harrison) Robin restait sur la lancée de sa préparation pour Roland Garros : médiocre. Pourtant, par la suite il a semblé retrouver ses sensations. Il a eu les scalps d'Albert Ramos et de Leonardo Mayer assez facilement.

Les surprises

En vrac, on a de l'inépuisable Juan Ignacio Chela, de l'étonnant Fabio Fognini, du Albert Montanes ressuscité et de l'incompréhensible Alejandro Falla. Sexy, non ?

Les pronos des 1/8èmes

Roger Federer - Stanislas Wawrinka : Du beau jeu, certainement, du suspense, probablement pas. Stan a joué très longtemps pour sortir Tsonga et face à Roger, il avoue son complexe. Federer en 3 sets.

Fabio Fognini - Albert Montanes : Plouf, plouf...Au pif, Fognini en 5 sets.

Richard Gasquet - Novak Djokovic : Du beau jeu, peut-être, une victoire du français, certainement pas. Gasquet est excellent mais Djokovic est ahurissant. On espère ne pas assister à une démo. Djokovic en 3 sets.

Gaël Monfils - David Ferrer : Gaël aura beau gesticuler tant qu'il le voudra, David est trop constant et trop concentré pour lui. Ferrer en 4 sets (un set remporté par le public).

Juan Ignacio Chela - Lukas Kubot : Euuuuuh Chela en 4 ?

Viktor Troicki - Andy Murray : En espérant que Murray pourra jouer, Murray en 3 sets.

Robin Soderling - Gilles Simon : Soderling en 4 sets et picétou.

Ivan Ljubicic - Rafael Nadal : Ljubicic se fait vieux, il ne tiendra pas la cadence. Son service peut lui éviter un score sec mais pas plus. Nadal en 3 sets.

Dans le prochain article, on causera WTA, que ça vous plaise ou non ! ;)

Bon matches !

dimanche 8 mai 2011

E-NOR-ME !

Tout simplement énorme ! C'est le seul mot qui me vient à la bouche, moins d'une demie heure après la victoire de Novak Djokovic sur Rafael Nadal en finale du Masters 1000 de Madrid.
Aujourd'hui, le serbe a débuté la partie pied au plancher (double break à coup de balles ultra longues, d'angles improbables et de retours de service assassins) avant de se faire remonter à 5-3. Ce petit retard accompagné d'une légère baisse de concentration ne l'a pas empêché de conclure le set 7-5.

Dans le deuxième set, Nadal tente de raccourcir les échanges : jouer son jeu, embarquer son adversaire dans des échanges sans fin, mettre du poids dans sa balle, rien n'y fait. Face à ce Djokovic là, rien ne fonctionne. L'espagnol opte pour les coups gagnants qui, on le sait, ne fleurissent pas sur commande. 27 fautes directes, ses statistiques de fin de match, statistiques anormales chez le métronome et le très sécuritaire numéro un mondial. Les jeux sont très accrochés mais celui qui fait le plus mal, c'est bel et bien Novak. A 5-4, service Nadal pour rester dans le match, le serbe nous gratifiera de coups de fusil témoignant de son engagement physique et mental. Il voulait ce titre et c'est en agressant constamment l'espagnol qu'il l'a décroché.

Ce soir, Rafael Nadal a été battu pour la troisième fois d'affilée par Novak Djokovic en finale de Masters 1000. Les fois précédentes nous avaient livré des matches en trois sets ; cette fois, deux sets auront suffi.
J'ai lu ça et là que Nadal ne donnait pas l'impression d'être au top tennistiquement parlant et c'est quelques fois, notamment hier, l'impression que j'ai eue. Mais à bien y réfléchir, je me suis dit que plusieurs choses pouvaient expliquer cette impression : soit Nadal n'est plus le monstre qu'il a été en 2008 sur terre battue et il ne le redeviendra jamais et devient donc "prenable", soit les conditions de jeu de Madrid (altitude, terre moins lourde, rebond plus haut) ne lui conviennent pas particulièrement (or, depuis que le tournoi de Madrid se joue sur terre battue, Nadal a toujours atteint la finale et a été titré l'année dernière et il gagne aussi sur des courts en dur alors...), soit ce sont les jeux proposés par Djokovic aujourd'hui, Federer en 2009 et par moments hier et par Del Potro sur dur, sont des jeux qui l'inhibent et l'empêchent de s'exprimer pleinement.
En tous cas, je penche plus pour cette dernière explication, teintée d'un peu de la première. C'est la façon dont ses opposants le dominent qui le montre sous un jour plus ordinaire.

Rafael Nadal voit donc sa série de 37 victoires sur terre battue stoppée (dernière défaite qui remontait à Roland Garros 2009 contre Robin Soderling). Novak Djokovic quant à lui voit sa fabuleuse série de victoires continuer. 32. Rafael Nadal s'ajoute à la longue liste des victimes du serbe. Récapitulatif du parcours indécent de Novak depuis le début de la saison (les tops 10 sont en italique / le forfait de Janko Tipsarevic à Belgrade n'est pas comptabilisée dans la série) :

Open d'Australie (Grand Chelem) :
Marcel Granollers, Ivan Dodig, Viktor Troicki, Nicolas Almagro, Tomas Berdych, Roger Federer, Andy Murray

Dubaï (ATP 500) :
Michaël Llodra, Feliciano Lopez, Florian Mayer, Tomas Berdych, Roger Federer

Indian Wells (Masters 1000):
Andrey Golubev, Ernests Gulbis, Viktor Troicki, Richard Gasquet, Roger Federer, Rafael Nadal

Miami (Masters 1000):
Denis Istomin, James Blake, Viktor Troicki, Kevin Anderson, Mardy Fish, Rafael Nadal

Belgrade (ATP 250):
Adrian Ungur, Blaz Kavcic, Janko Tipsarevic, Feliciano Lopez

Madrid (Masters 1000) :
Kevin Anderson, Guillermo Garcia-Lopez, David Ferrer, Thomaz Bellucci, Rafael Nadal

Six tournois, six trophées, trois victoires sur Roger Federer et Rafael Nadal, deux victoires sur Tomas Berdych et Feliciano Lopez, plus David Ferrer et Andy Murray dominés : la confiance de Djokovic est à son top. Reste à voir s'il baisse de niveau. Rafael Nadal doit faire attention au serbe qui lui colle aux fesses au classement même si ce dernier devrait avoir une petite baisse de régime en arrivant sur herbe.

Concernant la finale féminine, j'avais tout faux ! Petra Kvitova (vainqueur à Brisbane et Paris en 2011) a littéralement balayé Victoria Azarenka (titrée à Marbella et Miami) à grands coups de coups gagnants de gauchère. 7-6 6-4. Il faut tout de même se rappeler que Petra avait battu Kim Clijsters 6-4 6-3 en finale de l'Open GDF-Suez de Paris en février dernier. Dès demain, elle fera son entrée dans le top 10.Victoria quant à elle, sera numéro 4. En tous cas, à défaut d'une finale prestigieuse, on aura eu un aperçu du tennis à venir : toutes les deux 21 ans, toutes les deux réagissant positivement à la pression, toutes les deux accrocheuses et ambitieuses, de quoi faire un petit lifting au circuit WTA qui s'essoufle depuis trop longtemps. Plutôt que pleurer sur les absences des Kim, Venus, Serena et autres intermittentes du spectacle, je propose qu'on jette un oeil à la relève qui en veut, et ça se voit !

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Finale attendue en vue

Après les demi-finales jouées hier, toute la sphère tennistique n'a d'yeux que pour la finale masculine, cette finale attendue depuis quelques semaines, celle qui mettra obligatoirement fin à une série de victoires : celle de Rafael Nadal sur terre battue ou celle de Novak Djokovic depuis le début de la saison, toutes surfaces confondues. Pourtant, les attentes des spectateurs ont failli être déçues : les adversaires de nos deux finalistes n'ont pas voulu se laisser entuber en silence. Ils ont bataillé ferme et ont pris un malin plaisir à les faire douter. Retour sur des demi-finales disputées.

Novak Djokovic bat Thomaz Bellucci 4-6 6-4 6-1

"Je peux battre n'importe qui'. Voilà ce que le brésilien Bellucci déclarait il y a peu de temps. Il ne faut pas y voir de la prétention. Non. Quand on n'est "que" pensionnaire du top 30, qu'on essaie de creuser son trou depuis plusieurs années et qu'on sent que tous nos efforts commencent à porter leurs fruits, on ne fait pas de déclaration pour impressionner ou rabaisser ; on exprime ce qu'on ressent. Et, Thomaz, pensait qu'il pouvait gravir la montagne Djokovic. Ce qu'il a failli faire puisqu'il a mené 6-4 3-1 hier...avant de s'écrouler.
S'écrouler ? Il faut plutôt mettre cette chute sur le compte de l'enjeu et de ce que représentait le mec de l'autre côté du filet. Un mec indestructible depuis une trentaine de matches, un mec numéro 2 mondial qui vise le trône depuis belle lurette, un mec pour qui vous n'êtes presque qu'un détail. Qu'est-ce que Thomaz Bellucci pour un Djokovic ? Une épine dans le pied qu'on finit par enlever à force de trifouillage, certes douloureux, mais avec de la patience, on y arrive. Hier, Djokovic a dû laisser passer la tempête faites de coups ultra liftés et a attendu que Bellucci baisse de rythme. Classique.
Cet après-midi, il se trouvera face à un autre mec, un mec qui joue quelques classes au-dessus de Bellucci et qui, lui aussi, vise le sommet et contre qui attendre la fin de la tempête équivaut à mettre un pied dans la tombe. L'enthousiasme et le buzz Djokovic prendront-ils fin aujourd'hui ?

Rafael Nadal bat Roger Federer 5-7 6-1 6-3

Le score est peu flatteur. Il est même dur. Et ne reflète aucunement la réalité. Hier, Federer a un peu ressuscité. Juste un peu. On misait sur une correction, peut-être un peu moins sévère que celles que l'espagnol avait infligées aux prédécesseurs du suisse, mais une branlée quand même.
Au lieu d'une ratatouille en règle, on a assisté à du tennis d'attaque sur terre battue et qu'est-ce que ça fait du bien ! Federer a enfin changé de stratégie : jouer son jeu, cesser de tenter de battre Nadal à son propre jeu et de s'enfermer dans des rallyes interminables, éprouvants et perdants. A un moment donné, il en était même à 61% de points joués à l'intérieur du court. Toute une philosophie.
Malheureusement, l'attaque c'est du risque, le risque se traduit souvent par une pelleté de fautes directes. Et quand on n'est pas totalement en confiance, on passe à côté des moments-clef. C'est ce qui a fait la différence entre Nadal et Federer hier, la gestion des points importants.
Nadal, systématiquement agressé et emmené aux avantages sur presque la totalité de ses jeux de service, nous a proposé un jeu agressif au premier set avant de s'enfermer dans ses habituels schémas de jeu : je suis menacé, j'arrondis, je sécurise un maximum, je pilonne le revers et basta. Seul point noir du jeu du majorquin hier, un revers pas très incisif.
On s'attendait à une défaite sèche, on a eu un beau match alors, après tout, le reste, je m'en fous.

Concernant la finale de tout à l'heure, Nadal et Djokovic ont vécu des demi-finales aussi éprouvantes pour l'un que pour l'autre, ils n'ont pas paru invincibles et sont en pleine confiance. Plein de promesses, en somme ! Rendez-vous à 18h30.

Chez les filles, Na Li a baissé pavillon contre Petra Kvitova (6-3 6-1), 16ème mondiale. Kvitova rencontrera Victoria Azarenka, vainqueur de Julia Goerges (6-4 6-2). Azarenka, si elle l'emporte, sera 4ème mondiale. La biélorusse, en confiance depuis plusieurs mois, risque de ne pas laisser beaucoup d'air à son opposante. La finale est prévue pour 15h30.

En parallèle, le Masters 1000 de Rome a débuté aujourd'hui. Rendez-vous demain pour un état des lieux.

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vendredi 6 mai 2011

Madrid, les quarts de finale

Aujourd'hui se jouaient les quarts de finale. Dans le tableau masculin, on a eu droit à une correction, une surprise, une mise au point et une bagarre.

La correction : Rafael Nadal bat Michaël Llodra 6-2 6-2

Saluons tout d'abord le beau parcours de Llodra. Il a fait bien plus que ce qu'on attendait de lui et cet après-midi, avant d'affronter Nadal, il se doutait de son sort. Il avait misé sur une tactique de risque-tout. Après tout, pourquoi pas ? Quitte à perdre, autant le faire en beauté. Cette tactique était à double tranchant : quand ça passe et que c'est en place, on peut capitaliser un peu, tenir son service et peut-être même, parfois, malmener l'adversaire. Quand ça passe mal, on se fait tout simplement trouer. Et en face, il y avait le meilleur passeur du circuit. Donc, 6-2 6-2, sans surprise, tarif habituel. Nadal trace sa route vers les demis, Michaël quitte le tournoi après avoir eu l'honneur d'affronter le Nadal Nouveau (avant aujourd'hui, leur unique rencontre s'était déroulée en 2003, autant dire lors d'une toute autre ère).

La surprise : Thomaz Bellucci bat Tomas Berdych 7-6 6-3

Hier, le brésilien se débarrassait sèchement d'Andy Murray (6-4 6-2) à la surprise générale. Certes, Bellucci est un spécialiste de la terre battue contrairement au britannique, mais Murray, c'est tout de même un autre niveau globalement et ce qu'il avait montré à Monte Carlo était encourageant.
Aujourd'hui, Thomaz nous a refait le coup et a botté les fesses de son homonyme. Un set accroché, un set facile et le tour est joué. Quand est-ce que le brésilien cessera de perpétrer ses crimes de lèse-majesté ? Réponse demain contre Novak Djokovic.

La mise au point : Roger Federer bat Robin Soderling 7-6 6-4

Depuis que Federer "décline" et est redescendu à la 3ème place mondiale, on se plaît à frissonner dès qu'il affronte un joueur du top 50. Ouh Là ! Il peut perdre ! Raison de plus pour tous les observateurs de se faire dessus quand c'est Robin Soderling qui s'est pointé sur le court ce soir. Celui qui l'a éjecté du tournoi de Roland Garros 2010, au même stade de la compétition, ça vous fait une affiche vendeuse. Mais voilà, Soderling est en mode diesel depuis quelques semaines, pas très fiable et sans coach. Certes, avant-hier, Federer a mis près de trois heures à se défaire de Feliciano Lopez mais hier, Xavier Malisse n'a pas pesé bien lourd et un Soderling en rodage n'a pas suffi à lui barrer la route de la demi-finale tant attendue, le Federer-Nadal du mois. Je ne miserai pas sur une victoire de Roger demain, je ne suis pas folle ! Son niveau de jeu est somme toute correct sans être flamboyant et il risque de se montrer pareil à tous les autres : impuissant.

La bagarre : Novak Djokovic bat David Ferrer 6-4 4-6 6-3

Djokovic n'avait encore rien montré sur terre battue cette saison. Pour cause, aucun réel danger ne s'était présenté jusque là. David Ferrer, finaliste doublement malheureux face à Rafael Nadal à Monte Carlo et à Barcelone, avait quant à lui d'ores et déjà démontré toute sa science de l'ocre. L'espagnol semblait donc être le test idéal pour le serbe. Un test physique, oui. Un test mental, certainement pas. En tous cas, Djokovic a eu besoin de trois sets pour se débarrasser de Ferrer et si ce dernier n'avait pas un mental tout pourri (cf. balles de break du premier set, balles de break du deuxième set finalement enfin converties, fin du match totalement lâché), l'issue du match n'aurait peut-être pas été la même. Service pas terrible, placement moyen, fautes grossières, balles molles : voici la panoplie de ce que j'ai pu voir ce soir. Il n'y a que la fin du dernier set qui nous a montré un Djokovic plus conquérant. Oui, mais à ce moment-là, en face, il n'y avait déjà plus personne...Demain, Bellucci a une carte à jouer même si je le vois coincer. Par contre, si dimanche le serbe voit un taureau majorquin se présenter à lui, ça ne fera probablement pas un pli...Novak n'est pour le moment pas prêt pour réitérer ses performances américaines selon moi.

Du côté des filles, deux tôlières du top 15 ont fait le boulot et deux joueuses pas forcément attendues à ce stade se sont glissées en demi-finale.

Les tôlières

Na Li bat Bethanie Mattek-Sands 6-4 3-6 6-4

Elle en avait coupé des têtes pour se hisser en quarts, la Bethanie ! Ana Ivanovic au premier tour, Vania King ensuite puis Francesca Schiavone hier. Na Li a bien failli être la 3ème victime de prestige de l'américaine. Trois sets accrochés ont été nécessaires à la chinoise qui sort peu à peu d'une période plutôt discrète. Prochaine adversaire : Petra Kvitova.


Victoria Azarenka bat Lucie Safarova 6-3 3-6 6-2

Premier match accroché de la semaine pour la biélorusse. Jusqu'ici, Victoria avait corrigé ses opposantes (6-0 6-0 pour Vera Dushevina, 6-1 6-1 pour Sofia Arvidsson, 6-0 6-3 pour Parra Santonja). Safarova (tombeuse de Medina Garrigues et Jankovic), étonnante cette semaine lui a tenu tête et a fini par vendre chèrement sa peau. Prochaine adversaire : l'épouvantail de la semaine, Julia Goerges.

Les inattendues

Petra Kvitova bat Dominika Cibulkova 3-6 6-3 7-5

Kvitova, bourreau de Vera Zvonareva, avait mal débuté la partie. Cibulkova, tombeuse de Maria Sharapova, a dû s'incliner. Elle devra se défaire de Na Li pour atteindre la finale.

Julia Goerges bat Anastasia Pavlyuchenkova 6-4 6-2

Elle avait eu la peau de Caroline Wozniacki hier après avoir stoppé l'élan de Kaia Kanepi puis celui de Dinara Safina. L'allemande signe à nouveau une jolie performance en se hissant en demi-finale. Droit devant elle : Victoria Azarenka peut-être émoussée par sa bataille d'aujourd'hui. Une belle carte à jouer pour une des joueuses les plus en forme du moment.

LE PROGRAMME DE DEMAIN

Court Manolo Santana

A partir de 11h45 : Julia Goerges contre Victoria Azarenka
Pas avant 13h45 : Na Li contre Petra Kvitova
Pas avant 16h : Rafael Nadal contre Roger Federer
Pas avant 19h : Thomaz Bellucci contre Novak Djokovic

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